Immersion en Pologne, Part. II (1/2)

Pologne, Varsovie. Hôtel Dobre Miejsce.

Mardi 20 octobre 2015. 7h.

Le temps est couvert. La température est de 7°C.

Une bonne nuit de sommeil nous a permis de recouvrer nos forces. Il paraît que le déjeuner est léger ici (voire inexistant) ; en revanche, le petit déjeuner est copieux. Nous allons donc pouvoir tester ça avant de commencer notre journée. C’est parti !

La journée commence doucement autour d’un repas aux allures de brunch. Chacun y va sur sa petite blague, son mot sympa… Pendant ce temps, Fr. Antoine tente encore d’apprendre aux plus médiocres à dire « bonjour » et « merci » dans la langue locale.

Le premier, c’est « dzień dobry ». Le deuxième, « dziękuję ». Evidemment, les lettres ne se lisent pas toutes comme en français. Par exemple : le -j fait le son -y, le -w donne ne son -v, etc. Bilan des courses, c’est très rare de pouvoir prononcer ce qu’on lit. Sans parler des caractères spéciaux!

On peut confirmer : le petit déjeuner a tout d’un grand. Mais l’heure tourne. Il faut plier bagages. Nous sommes attendus à l’Université du Cadinal Wyszynski.

Nous voici, devant l’Université du Cardinal Wyszynski
Devant l’Université du Cardinal Wyszynski

Pendant que les étudiants défilent sous nos yeux pour rejoindre leurs salles de cours, nous retrouvons notre cher Kazimierz. Quelques minutes plus tard, nous entrons dans une belle salle de conférence où le doyen nous présente l’excellence de l’université. S’en suit une présentation de l‘histoire de la Pologne, en version abrégée, menée par notre guide.

Nous voici, découvrant l'histoire du peuple polonais
Histoire de la Pologne

Géographiquement placée entre deux empires, la Pologne a toujours été victime de ses voisins. Le peuple polonais a terriblement souffert. Point culminant? La seconde guerre mondiale. Suite à un accord secret passé entre Staline et Hitler, la Pologne est vouée à disparaître. La suite, nous la connaissons. Annexée à l’ouest par l’Allemagne, à l’est par l’URSS, la Pologne se retrouve rapidement vaincu. Une alliance franco-polonaise prévoyait une intervention immédiate des forces françaises en cas de nécessité. Inutile de vous rappeler l’état de la France pendant cette montée du fascisme…

Les intellectuels polonais ont été massacré sans préavis. Ingénieurs, médecins, chercheurs, politiques : c’est toute l’élite du pays qui est décimée. La violence terrible du communisme n’épargne personne. Les camps d’extermination pour polonais attestent clairement de la volonté d’anéantir ce peuple, après l’avoir privé de sa souveraineté.

Hitler et Staline
Jusqu’où peut aller le Mal?

Alliés au départ, la trahison d’Hitler envers Staline lui a couté sa chute. Au contraire, elle s’est ouverte sur un sacre pour Staline. L’effroi du nazisme supplante la terreur du communisme dans les esprits. Le monde entier admire l’armée rouge.

La seconde guerre mondiale se termine par cette fameuse conférence de Yalta. Staline, Churchill et Roosvelt affichent leur unité face au nazisme.

Staline représente tout de même environ 50 millions de mort. Mais, à aucun moment l’URSS ne doit rendre de compte pour ses massacres. Qui oserait? Il est maintenant considéré comme un allié. Sa force politique est énorme. En tant que libérateur, on le laisse déterminer beaucoup de choses…dont l’avenir de la Pologne. Tous les alliés politiques de la Pologne ferment donc les yeux.

Conférence de Yalta
Derrière le mythe, une réalité bien plus dure.

Pour lui, il est plus que jamais l’heure que l’URSS phagocyte la Pologne. Mais le communisme a un très grand ennemi devant lui : l’Église catholique. L’État, le pays nommé Pologne, n’existe plus. Mais la nation, elle, survit grâce à l’Église. Exemple aussi puissant que révélateur : la langue polonaise est parlée uniquement dans les églises. Alors vous imaginez le nombre de fidèles tombés, de religieux mort en martyr, de peines capitales prononcées… Ce sont les services secrets qui ont commandité, en 1984, l’assassinat sauvage de l’un de nos saints patrons des JMJ : Saint Jerzy Popieluszko. L’Église plie mais ne rompt pas!

Jerzy Popieluszko
Saint Jerzy Popieluszko

Alors, très malins, le nouveau « gouvernement » décide de créer une église. C’est la naissance de l’église nationaliste. Qui l’eût cru ? Des communistes qui « aiment » tellement l’Église qu’ils en fondent une ! Derrière son apparence d’église ordinaire, cette nouvelle institution a comme unique but de détruire définitivement l’église catholique. Elle prétend suivre les mêmes rites, les mêmes mystères, etc. mais en vérité, c’est une Église d’État, complètement corrompue. Tout ce qui se passe dans cette Église est commandité par le gouvernement communiste.

A cela s’ajoute la gangrène de la franc-maçonnerie qui essaye d’achever la vraie Église : une, sainte, catholique et apostolique.

Ah… Vous commencez a comprendre que nos cours d’histoire sont un peu défaillants. C’est ça ?

Suite dans le prochain épisode Immersion en Pologne, Part. II (2/2)

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